lundi 16 juin 2014

Contre la culture de la peur et de la dette : CIP - 42

CONTRE LA CULTURE DE LA PEUR ET DE LA DETTE


Nous sommes membres de le Coordination nationales des Intermittents et Précaires.
Nous sommes ouvriers, employés, techniciens, artistes.
Nous sommes des professionnels du cinéma, de l’audiovisuel et des arts vivants.
Nous sommes en colère parce que les négociations sur le régime d'assurance chômage se sont faites sans nous et contre nous. Nous refusons cet accord conclu entre les organisations patronales et la CFDT, CFTC, FO. Nous ne sommes pas dupes : imposé par le MEDEF, cet accord nous affaiblit tous.
Un comité de suivi travaille depuis plus de 10 ans sur des propositions qui sont justes, qui sont pérennes, qui sont solidaires. Ne pas prendre en considération ce travail de haute qualité soutenu par la profession (syndicat de salariés et d’employeurs), des élus de droite comme de gauche, des économistes... c’est un déni de démocratie !
Nous demandons que ce travail soit enfin pris en compte. Notre lutte ne connaîtra pas de pause, tant que nos propositions ne seront pas retenues !
Le gouvernement ne doit pas laisser passer cet accord. Il doit refuser l’agrément maintenant.
La pauvreté touche plus de 9 millions de personnes.

80 % des embauches se font en contrats courts.

Plus d’un chômeur sur deux n'est pas indemnisé.
C’est un vrai scandale de s’attaquer aux droits sociaux en faisant payer les plus précaires. Sous des prétextes fallacieux et sans débat contradictoire, c’est toute la protection sociale mutualiste qui est visée.
La philosophie de notre système de protection sociale, né du Conseil national de la Résistance veut qu’on ne fasse pas payer davantage ceux qui risquent d’avantage de tomber malades, d’avoir des enfants ou encore ont un travail instable.
Faudrait-il "punir" tous ceux qui ont choisi un métier de vocation et l’exercent dans des conditions difficiles ? Ainsi, doit-on exclure de l’assurance chômage les chercheurs non titulaires, les journalistes pigistes, payés à l’article ? On se trouve dans cette situation paradoxale où l’on voudrait sanctionner les seuls précaires bénéficiant d’une garantie adaptée.
Les annexes 4 (pour les intérimaires), 8 (pour les ouvriers et techniciens des arts et de la culture) et 10 (pour les artistes) de l'assurance chômage font partie des rares dispositifs de protection sociale pensés pour l'emploi discontinu.
On ne choisit pas d’être intermittent, ce n’est pas un métier ni même un privilège, c’est un laboratoire de la flexibilité ultralibérale, une réalité économique que l’on subit et dont on accepte malgré tout les règles du jeu.
Il faut rappeler qu'il est d'usage dans notre secteur d’activité de ne pas utiliser le CDI comme mode normal et habituel de recrutement dans la profession du cinéma, de l'audiovisuel, du spectacle vivant et de la prestation technique au service de la création ; sans intermittents, l'art et la culture deviendra peau de chagrin...
Nous travaillons à la demande, pour plusieurs employeurs en fonction de leurs besoins, pour offrir aux publics ces moments d’émotion et de partage.
 Nous agissons pour continuer de vivre de nos métiers dignement, pour continuer de promouvoir une certaine idée de la culture loin des logiques purement consuméristes, pour prolonger une offre diversifiée et accessible à tous. Une culture pour tous.
Enfin, les droits rechargeables, que la CFDT et FO nous présentent comme une conquête, sont la pire solution à la crise de l'emploi : cela encourage les chômeurs à accepter n'importe quel petit boulot mal payé pour recharger ses droits. Les intermittents subissent cette règle depuis 2003 : la course aux heures a fait chuter les salaires. Cette règle ne doit pas être généralisée aux autres secteurs d'activité. Elle doit être abolie !
Les salariés intérimaires et les intermittents dont l'emploi est par nature discontinu et précaire, sont plus que jamais attaqués par cette nouvelle convention. Il va de soi que, lors des festivals, beaucoup de salariés sont employés en contrat court dans les bars, restaurants, hôtels, commerces des alentours. La culture créé de la richesse, au sens propre comme au sens figuré. Quand certains partagent ces richesses, d’autres se limitent à encaisser les profits et congédient leurs nouvelles recrues dès que la fête est finie !
 Nous demandons une réforme complète de l'Unédic, de son fonctionnement, de sa représentativité et de son financement afin que tous les chômeurs bénéficient d'une indemnisation adaptée.
 Nous voyons la vie autrement, nous voulons vivre dignement et non comme des esclaves.
Nous voulons du temps pour penser et travailler d’autres mondes que celui de la concurrence de tous contre tous.
CONTRE LA CULTURE DE LA PEUR ET DE LA DETTE, nous appelons tous les intermittents, intérimaires, chômeurs, précaires, salariés, et vous, citoyens, à se réunir partout et à occuper l'espace public pour défendre les arts et la culture.
Nous avons des propositions.
Ce que nous proposons, nous concerne tous.

Ce que nous défendons, nous le défendons pour tous.

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